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 DETOMASO

17/5/2008

 

 

Alessandro De Tomaso, pilote argentin de grand renom, créa en 1966 la marque qui porte son nom. Ce pilote devenu entrepreneur avait l’ambition de produire des modèles de Grand Tourisme, comme les Ferrari, Maserati ou Lamborghini. Ce marché lucratif, malgré son étroitesse, était en pleine expansion durant les années 60. De moins de 1000 unités en 1962, il était passé à 1500 unités en 1966, avant d’atteindre 2000 unités en 1969.

 

VALLELUNGA:

dévoile son premier modèle de production en octobre 1963 lors du salon de Turin. C’est à cette occasion que le grand public découvre la marque, qui, jusqu’à présent, ne s’était signalée au regard des spécialistes que par des machines de course plutôt marginales. La voiture est baptisée Vallelunga, du nom du célèbre circuit automobile situé près de Rome. Modèle de production ? Tout est relatif s’agissant de la fabrication artisanale d’une voiture d’exception.

 

   



Avec l’implantation centrale arrière de son moteur, la Vallelunga a pour caractéristique son châssis à poutre centrale. Adoptée il y a longtemps par Ferdinand Porsche et Hans Ledwinka sur ses Tatra, cette technique a également été mise en œuvre par Colin Chapman pour sa Lotus Elan et par Jean Rédélé sur la berlinette Alpine. Alejando la reprendra sur la Mangusta et plus tard sur la Guara.

 

 

Selon les sources, la Vallelunga a été fabriquée au total à 52 ou 56 exemplaires, dont l’un acquis par le colonel Ronnie Hoare, propriétaire de Maranello Concessionnaires, l’importateur Ferrari en Angleterre.

Première copie artisanale d’un constructeur débutant, la Vallelunga manquait de finition et de fiabilité. En fait, la voiture était insuffisamment développée et elle ne pouvait prétendre à une carrière commerciale de grande ampleur. La postérité de ses qualités techniques et dynamiques sera assurée par la Mangusta et la Pantera.

 

Fiche technique:  http://www.motorlegend.com/fiche-technique/de-tomaso-vallelunga-1-5/879.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MANGUSTA:

Le premier modèle De Tomaso proposé au public fut la Mangusta. Ce modèle lancé en 1966, était dessiné par le jeune talent Tom Djaarda, et son dessin était de la même veine qu’une Lamborghini Miura dessinée par Bertone et lancée la même année. La Mangusta était animée par un puissant moteur Ford américain, De Tomaso n’ayant pas les moyens de concevoir lui-même un moteur. N’oublions pas qu’à l’époque, d’autres jeunes constructeurs de voitures Grand Tourisme procédaient de la même manière.

 

 

Au milieu des années soixante, Giorgietto Giugiaro souhaite quitter Bertone, dont il est le directeur du style. A la recherche d’une forte personnalité et d’un grand talent pour relancer Ghia et lui permettre de renouer avec l’avant-garde, Giacomo Gaspardo Moro, le directeur de la carrosserie, ne rate pas l’occasion. Il le fait venir chez lui. Les débuts de la nouvelle recrue ont pour cadre le salon de Turin de 1966. Ils sont fracassants. Le stand Ghia présente les « torpilles » du maître Giugiaro, la Pampero et surtout deux chefs-d’œuvre absolus, la Ghibli et la Mangusta — une quatrième voiture moins intéressante est exposée, la Vanessa. Le monde de l’automobile assiste à la naissance d’une étoile. Giugiaro s’installe d’emblée au firmament du design.

Alessandro souhaitait construire une nouvelle version de l’AC Cobra équipée d’un moteur et dotée d’une carrosserie Ghia dessinée par Filippo Sapino. N’ayant pas réussi, le bouillant Italo-argentin décide alors de se venger. Faute de Cobra, sortira la Mangusta (la mangouste, ennemie mortelle du cobra…), à propos de laquelle il a demandé à Giugiaro de créer l’anti-Cobra.

 

La Mangusta entre en production en 1967. La caisse est réalisée par Ghia et la mécanique est montée chez à Modène. La motorisation est, bien entendu, confiée à un Ford V8 implanté en position centrale arrière. Il s’agit du 289 c.i. (4,7 litres), qui développe 305 ch et permet à la voiture de filer à près de 240 km/h. Il est accouplé à une boîte de vitesses ZF à cinq rapports. La transmission est dotée d’un différentiel à glissement limité.
La Mangusta a pour origine une barquette de compétition à moteur central arrière, le prototype P70. Dessinée par Pete Brock, le styliste de Carroll Shelby, et motorisée par un V8 Ford de cinq litres, elle a été construite par la carrosserie Fantuzzi. Exposée au salon de Turin de 1965, cette machine n’a pas connu de suite, sa participation au championnat du monde ayant été reportée sine die par manque de moyens. Pour la Mangusra, Alessandro ressort ce châssis qu’il confie à Giugiaro.

Le style de Giugiaro constitue une rupture dans l’histoire Ghia. Il tranche avec les précédentes créations de la carrosserie. Aux lignes douces de Filippo Sapino succède un design d’une grande vigueur. Agressive et gracile tout à la fois, la ligne de la Mangusta jouit d’une grande pureté. Le magnifique fastback se soulève entièrement pour accéder au moteur, mais en deux parties articulées dans l’axe de la voiture. Si elle ne favorise guère la visibilité, cette formule spectaculaire ne manque pas d’attirer les curieux…
 

     


Construite jusqu’en 1970, la Mangusta connaîtra le succès commercial, sa diffusion atteignant environ 400 exemplaires, dont plus de la moitié aux Etats-Unis (en version de 4,9 litres). Un an après sa présentation, la berlinette donnera le jour à un prototype de spider, toujours dû à Giugiaro, mais il n’aura pas de suite.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PANTERA:
 
Basse et agressive dans ses formes, la Pantera ne manque pas d’allure ni de personnalité, même si ses lignes acérées ne peuvent rivaliser avec la Mangusta, l’un des chefs-d’œuvre de Giorgietto Giugiaro. Son design est dû à un styliste américain, Tom Tjaarda, fils de John Tjaarda, auteur en 1933 des premiers dessins de la Lincoln Zephyr. La carrosserie de la Pantera est fabriquée par Vignale à Turin.
 
                                                    
 
 
 
Techniquement, la voiture a été conçue et développée par deux ingénieurs de renom, Dallara, un ancien de Lamborghini, et Bertocchi (ex-Maserati). Sa structure autoportante en acier reçoit la mécanique en position centrale arrière. L’âme (forte) de la Pantera est le V8 Ford Cleveland de 351 c.i. (5,7 litres), un groupe coupleux à souhait et bourré de chevaux accouplé à une boîte de vitesses ZF à cinq rapports. Toutefois, la voiture n’est pas légère (plus de 1400 kilos).

La Pantera va connaître plusieurs variantes et évolutions. Dès 1977, elle est épaulée par une version GTS, dont le moteur développe 330 ch SAE contre 300 ch à la Pantera « de base ». Le couple atteint alors 45 mkg à 3500 tr/mn et la voiture dépasse les 250 km/h. Sous ses diverses définitions, y compris la GT5 de 350 ch présentée en 1980, la Pantera sera construite à 7260 exemplaires entre 1970 et 1991 — dont l’essentiel au cours des trois premières années de production.
 
La Pantera GTS présente au Festival Automobile Historique est un modèle de 1973. Mais la voiture a reçu le look plus agressif de la GT5, dont la panoplie se compose de roues chaussées de pneus de 335 à l’arrière et de 285 à l’avant, d’un spoiler, ainsi que d’élargisseurs d’ailes et de bas de caisse. Quant à l’aileron qu’elle porte à l’arrière, il appartient au dernier modèle de la Pantera.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
version 2003
 
 
 
 
 
 
 
 
DEAUVILLE:

Lancée en 1970 à côté de la Pantera, la Deauville offre un gabarit proche de celui de la Jaguar XJ. Quant à son design, c’est peu dire qu’il s’inspire de la création de Coventry. Si la Deauville cherche à concurrencer la XJ 12, elle le fait avec l’atout d’une mécanique conciliant puissance, souplesse et simplicité technique et d’utilisation, à la différence de son modèle britannique. L’appellation de la voiture a été choisie par référence à l’univers de luxe et de richesse qu’elle évoque, mais également par rapport à la famille de l’épouse d’Alejandro , qui a possédé une écurie de course aux Etats-Unis.

 

                                                   

 

En novembre 1970, les journalistes invités à l’usine pour découvrir la Deauville eurent la surprise de ne trouver ni voiture, ni Alejandro. Au bout d’un moment, ce dernier arriva au volant de la Deauville, avançant qu’il avait quitté Rome deux heures auparavant. Et pour apporter la preuve de cet exploit, une moyenne de 250 km/h, il exhiba le ticket du péage…

Monocoque à quatre roues indépendantes, la Deauville est dotée d’une suspension arrière à quatre ressorts hélicoïdaux et quatre amortisseurs. Comme la Jaguar XJ… La similitude se poursuit avec la présence de deux réservoirs (cent litres au total) installés dans les ailes. L’équipement se situe au meilleur niveau avec quatre disques assistés et ventilés et des roues Campagnolo en magnésium nettement plus légères que celles en tôle de la Jaguar.
 
 
La Deauville reçoit le puissant V8 Ford Cleveland également monté sur la Pantera. Les 270 ch DIN extraits de ses 5763 cm3 propulsent la voiture à 230 km/h. Le couple est impressionnant. Avec sa boîte Ford Cruise-o-Matic, la Deauville apparaît aussi comme la première équipée d’une transmission automatique. Les essayeurs de l’époque ne se privent pas de vanter ses qualités routières, même sur sol mouillé, ainsi que la puissance de ses freins.
Si la Deauville offre l’avantage d’un moteur fiable et d’un entretien beaucoup moins exigeant que ses concurrentes européennes, elle pâtit d’un prix de vente élevé. Elle est singulièrement tarifée à un niveau supérieur à celui de la XJ 12, qui bénéficie d’une mécanique autrement plus noble avec son V12 doté de l’injection.

Construite jusqu’en 1985, la Deauville ne connaîtra qu’un succès d’estime et sa production ne dépassera pas les 244 exemplaires. Au nombre de ceux-ci, on ne saurait passer sous silence une version break réalisée à un seul exemplaire pour l’épouse d’Alejandro , Isabelle, qui l’utilisa pour transporter ses chiens…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
LONGCHAMP:
 
Avec la Longchamp, qui fait son apparition en 1972, Alejandro vise à concurrencer la Mercedes 450 SLC, comme il a tenté de la faire avec la Deauville par rapport à la Jaguar XJ. Luxueux coupé à l’architecture classique moteur avant, la Longchamp restera la seule de sport ainsi conçue. La voiture présente l’avantage d’être une vraie 2 + 2, ses places arrière n’étant pas réservées, comme c’est souvent le cas sur ce type de modèle, à des contorsionnistes.
 
                                                                    
 
Luxueux, l’habitacle de la Longchamp respire l’esprit sportif à la différence de celui de la Deauville. Dépouillé et sobre, il trahit une inspiration allemande. Le tableau de bord abrite un tachymètre optimiste gradué jusqu’à 300 km/h et un compte-tours, dont la zone rouge débute à 5800 tr/mn. La voiture recevra à la fin des années 70 un volant Nardi et un levier de vitesses Ford chromé (pour les voitures équipées de la boîte auto).
 
 
La Longchamp est motorisée par le puissant V8 Ford Cleveland de 351 c.i. également monté sur la Pantera. Ce bloc de 5,7 litres, qui développe 270 ch DIN, est accouplé à une transmission automatique Ford Cruise-o-Matic à trois rapports ou, en option, à une boîte manuelle ZF à cinq rapports. Malgré son caractère plébéien, il offre à la voiture des performances (235 km/h) et des accélérations proches de celles de ses concurrentes aux mécaniques nobles, la Mercedes 450 SLC, la Jaguar XJS et la BMW 633 CSI. Au volant de la Longchamp, l’agrément de conduite est grand, qu’elle tire de la souplesse du V8 yankee et qui convient parfaitement à son caractère de quasi quatre places.

A l’image de la Deauville, la Longchamp est une monocoque à quatre roues indépendantes. A l’arrière, elle reçoit la même suspension à quatre ressorts hélicoïdaux et quatre amortisseurs. Le freinage est assuré par quatre disques assistés et ventilés installés in-board comme sur la Jaguar XJ.
 
 
Loué par le pilote américain Phil Hill, le comportement routier de la Longchamp témoigne de la qualité de constructeur de voitures de sport de la marque. La voiture a été moins appréciée par Stirling Moss, qui lui reproche son caractère sous-vireur et le manque de précision de sa direction.

En 1980, présente au salon de Turin une version évoluée de la Longchamp, la GTS. Accompagnant la version de base, la voiture s’analyse comme la réponse du constructeur de Modène au lancement de la Mercedes SLC cinq litres. En réalité, la seule vraie nouveauté de la GTS consiste en ses roues Campagnolo en magnésium empruntées à la Pantera et chaussées de Pirelli P7. Plus larges, elles ont nécessité le montage d’élargisseurs d’ailes et la modification de la suspension. La GTS est également identifiable à quelques détails cosmétiques : calandre noire, peinture deux tons (sur certains exemplaires) et lettrages GTS d’un goût douteux sur les ailes. Elle reçoit aussi des appuie-tête à l’arrière.

La Longchamp sera produite jusqu’en 1989 à 409 exemplaires, dont 14 cabriolets 2 + 2
 
 
 
 
 
 
 

 

                                        

 
 
 
GUARA:
 
Dernier projet porté par le fondateur de la marque, Alejandro , la Guara est présentée en 1993 au Salon de Genève. Il ne s’agit encore que d’un prototype et la Guara, dont le nom fait référence à une race argentine de chiens de chasse, va connaître une histoire tourmentée.

Si elle succède à la Pantera, la nouveau-née s’en révèle très différente. La Guara est en fait basée sur la Maserati Barchetta Stradale de 1991 et elle reçoit un châssis à poutre centrale, une technique déjà mise en œuvre sur la Vallelunga et la Mangusta. Reprise pour la Guara, cette dernière a été développée avec des composants plus modernes, le tunnel central étant constitué d’un nid d’abeille en aluminium. Rigide et léger, ce châssis permet à la voiture d’échapper aux problèmes de rigidité observés sur la Vallelunga et la Mangusta. D’une capacité de 90 litres, le réservoir de carburant est logé dans le tunnel, une solution qui assure une parfaite répartition du poids.
 
                                                
 
La Guara affiche des proportions inhabituelles. Courte (4,19 mètres) par rapport à son long empattement de 2,61 mètres, elle est aussi très large, dépassant les deux mètres. Dessinée par Carlo Gaino, un designer indépendant auteur de la Maserati Barchetta, la voiture pâtit d’une esthétique discutable en raison d’une partie arrière extrêmement massive.

Habillée d’une carrosserie en fibre de carbone et kevlar, la Guara sera construite en deux versions, coupé et Barchetta, une formule de spider dépourvu de pare-brise — juste des petits saute-vent —, ce qui oblige les occupants au port du casque.
 
                                                 
 
 
Techniquement très évoluée, la Guara est équipée d’une suspension à quatre roues indépendantes inspirée de la Formule 1. Réalisée par Enrice Scalabroni, qui fabrique les suspensions de la Williams de F1, elle reçoit une double triangulation à long bras avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs placés inboard. Ceux-ci sont disposés horizontalement à l’arrière et verticalement à l’avant (sur le tunnel central).
 
 
 
Pour motoriser la Guara, a eu pour la première fois recours à une mécanique extérieure au groupe Ford. Il s’agit d’un V8 BMW en aluminium de quatre litres à 32 soupapes. Placé en position centrale arrière longitudinale, il développe 286 ch à 5800 tr/mn avec un couple de 40,8 mkg à 4500 tr/mn. Il est accouplé à une boîte de vitesses Getrag à six rapports identique à celle de l’Audi RS2.
 
Ce groupe est remplacé en 1998 par un V8 Ford à quatre soupapes par cylindre — les quelques Guara exportées dès le début aux Etats-Unis le recevaient déjà. Comparé au V8 BMW, il s’avère plus lourd mais beaucoup moins cher… D’une cylindrée de 4,6 litres, il donne 305 ch et un couple de 41,4 mkg. La Guara atteint les 270 km/h et parcourt le 0 à 100 km/h en cinq secondes. Un projet de moteur de 375 ch a existé.
 
Grâce à son châssis et à ses suspensions sophistiqués, la Guara brille par son comportement dynamique. Collée au bitume sur ses grandes roues Marchesini de 18 pouces en magnésium chaussées de Michelin, c’est une voiture passionnante à piloter. Douée d’une grande agilité, elle fait merveille sur les routes secondaires où elle peut exprimer ses qualités. Très puissant, le freinage est assuré par quatre disques Brembo dotés d’étriers à six pistons.

Victime des aléas de la firme, mal distribuée et handicapée par son esthétique ainsi que par un prix de vente élevé (de l’ordre de 120 000 €), la Guara n’a connu qu’une existence marginale. Elle a été produite au compte-gouttes et sur commande, le client ayant le choix de nombreux équipements parmi une longue liste d’options. Une cinquantaine de voitures ont été construites à la main, dont une dizaine de Barchetta.
 
 
 
 
 
 
 
 
source:
motorlegend.com
Catégorie : HISTORIQUE AUTO

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